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L’association sportive Saint-Georges d’Argenteuil a toujours été liée au quartier de la Basilique. C'est en 1884 que deux vicaires obtiennent du curé de cette paroisse l'autorisation de fonder un patronage : 9 jeunes garçons répondent à l’appel et se réunissent après les vêpres au presbytère, 45 rue de Saint-Germain (actuellement 18, rue Henri-Barbusse), pour jouer dans le jardin. L'après-midi se termine par quelques jeux plus calmes. Et à 7 heures, après la prière, bonsoir général. Le patronage Saint-Denis pousse trop vite et dès 1886, on l’installe au 66, rue de Saint-Germain. L’année suivante une section de jeux athlétiques et une section de gymnastique apparaissent dans les statuts. Et trois ans plus tard l'effectif dépasse la centaine.

Puis c’est le déménagement au 5, rue de la Liberté, avec l'école des Frères, expulsée du bâtiment communal de la rue de Calais. Dès 1892 la mise en commun des moyens de l’école et du patronage permet d’acheter le matériel nécessaire au développement de la gymnastique dont la pratique organisée démarre véritablement en 1897. Entre temps nous recevons un jeune monté de sa province pour y exercer le métier de clerc chez Maître Boutfol - notaire du centre ville qui laissa plus tard son étude à la famille Beauchais - qui sera vice-président du patronage Saint-Denis. Ordonné prêtre, l’abbé DESCHAMPS retournera chez lui à Auxerre, où son nom reste attaché au stade de cette ville, haut-lieu du football français. Ce nom, les argenteuillais peuvent encore le lire, précédé du titre de chanoine, sur une plaque de marbre fixée sur le mur de droite de la chapelle de la Sainte-Tunique, dans la Basilique.

 

Dès 1902, la section de gymnastique est déclarée à la Fédération des Patronages sous le nom de Saint-Georges. Elle deviendra vite le pôle attractif de notre société, gravissant tous les échelons pour devenir la première de Seine-et-Oise. Et c’est sous son nom que, en application de la loi de 1901, l’association sera déclarée : la Saint-Georges d’Argenteuil apparaît sur les registres de la Préfecture de Seine-et-Oise le 15 Novembre 1907.

1909 et les noces d'argent. 308 membres de 13 à 25 ans, 80 à 100 enfants qui se retrouvent les jeudis et dimanches après-midi, la gymnastique et la fanfare en pleine progression qui ont été les premières de Seine-et-Oise à Croissy l'année précédente. Le groupe théâtral a donné en 1909 12 pièces dont Athalie, avec 140 personnages, et l'Aiglon. En 1913 grandiose concours interrégional sur le terrain du Marais et camp itinérant jusqu'à Cherbourg. En 1914, la Saint-Georges devient championne de Seine et Oise et le reste jusqu'en 1927 où elle est mise hors concours.

Le groupe théatral présentant "L'Aiglon" en 1909

1914 - La guerre ... La Saint Georges a payé un lourd tribut comme en témoigne la plaque fixant les 67 noms de ses morts pour la Patrie, inaugurée le 4 juillet 1920. Les rescapés repartent dès le 23 août 1919 avec la conférence Saint-Charles, le cercle d'études, la symphonie ; le théâtre, la gymnastique quelques mois plus tard ; l'athlétisme et la préparation militaire en 1920. La Saint-Georges est agréée par le gouvernement en 1921. Une magnifique période s'ébauche. Festivals de gymnastique et d'athlétisme se succèdent ; 11 équipes de football font la gloire des patros parisiens en Coupe de France où la Saint-Georges atteint les huitièmes de finale.

Ensemble libres Adultes en 1914

1922 - Vacances scolaires et premiers congés .... En 1922, les vacances scolaires et les premiers congés pour les travailleurs posent problème. La Saint-Georges entre en contact avec la ligue maritime et coloniale qui tente d'organiser un camp de plein air à Bouaffes près des Andelys pour "inciter les jeunes aux vocations maritimes". Les effectifs sont fournis par la Saint-Georges et le lycée Jean-Baptiste Say. La ligue maritime nous confie le drapeau des Pilotins pour la représenter aux manifestations de la mer à Boulogne sur Mer en 1923, puis à Calais avec voyage en Angleterre en 1924. La première colonie pour les enfants d'Argenteuil s'installe à Lelex en 1926, organisée par la Saint-Georges.

La gymnastique et l'athlétisme forment une cinquantaine de délégations qui se taillent de francs succès. 1927 voit en notre ville 60 sociétés groupant 3.000 gymnastes pour le concours interrégional. Mais nous perdons notre stade - de l’autre côté de la Seine, entre la route du pont d’Argenteuil et la voie ferrée - exproprié pour l’extension de la centrale thermique de Gennevilliers.

Le défilé dans la Grand' Rue d'Argenteuil

Le curé des Champioux souhaitant développer la gymnastique dans sa nouvelle paroisse, la Saint-Georges lui détache son meilleur gymnaste, Maurice WEBER, pour cette tâche délicate, le quartier étant réputé “ difficile ” dirions-nous aujourd’hui. Tout en continuant à concourir dans les rangs de notre association, ce jeune champion s’acquittera remarquablement de sa mission jusqu'à la guerre où il gagnera ses galons de capitaine dans la Résistance locale.

1940 - 52, Grande Rue ... Car la guerre, encore une fois, vient ébranler et disperser les efforts. Et notre salle du 5, occupée par le Secours National, en sort à demi-ruinée. Bâtie en 1889, elle avait coûté 8.351 francs-or. Le curé de la Basilique confie la Saint-Georges à l’abbé François SPAHNAGEL, ancien maillon la Résistance locale. Un local est mis à sa disposition au 52, grande Rue et la vie reprend : gymnastique et fanfare démarrent à la rentrée 1944. Et en Janvier 1945, une section féminine : les "Cadettes de la Saint-Georges". Le 22 avril, lors de notre fête patronale, 250 jeunes dont 20 filles, défilent dans les rues du centre ville. La colo de Lelex retentit de nouveau des cris des jeunes et la préparation militaire redémarre, notre Société étant seule habilitée pour cette activité. Des sections d'escrime, de ping-pong et de judo sont créées.

Mouvement d'ensemble en 1948

1950 - 5, rue de la Liberté... Le local du 5, rue de la Liberté redevenant vacant, une équipe de bénévoles, président en tête, prend pelles, pioches, truelles et, après de nombreux dimanches, le sol est planifié, les anciens gradins enlevés, un secrétariat construit dans un temps record avec l'aide d'artisans amis du quartier. Fanfare, gymnastique, judo, escrime, préparation militaire réintègrent cette adresse. Nous avons l'honneur d'organiser le concours départemental l’année suivante.

Une monitrice venue d’un club voisin prend la direction des filles. Les aînées sont championnes de Seine-et-Oise en 1956 et en 1958 nos individuelles trustent à Montceau-les-Mines les premières places de la finale des Coupes fédérales. La même année, une d’entre elles, Christiane PORTIA, devient championne fédérale et le restera pendant huit années consécutives. Sur 7 gymnastes qui représentent la fédération à l’étranger, 3 sont de la Saint-Georges. Leurs cadettes remportent trois années de suite la première place des challenges d'hiver de Seine-et-Oise et sont championnes départementales en 1961. Le drapeau régional des Aînées revient à Argenteuil en 1964. Et l’année suivante la première place par équipe de la finale des coupes fédérale de Thionville échappe pour 5/100ème de point.

Christiane PORTIA

Entre temps, la colonie de Lelex a émigré à Vazeilles en Haute-Loire. Le ping-pong participe aux différents championnats et la section masculine présente ses productions artistiques dans toutes les manifestations locales et régionales : à Saint-Etienne, Lille, Sablé triomphe l'inoubliable série 1900. Les dirigeants assurent une participation effective à l'office municipal des sports naissant. Car nos équipes s'entraînent aussi dans les nouveaux gymnases municipaux, y organisant concours, challenges, tournois. Un camp de neige est créé en 1965 pour les vacances de Noël et 1966 voit 90 garçons et filles de 9 à 14 ans en reprendre le chemin dans un local mieux adapté.

La section féminine à Voiron en 1960

Depuis 1984. Cela aurait pu être un chant du cygne ; ce fut le signe d’un nouveau départ. Et d’abord au niveau de la salle Saint-Georges. Dès l’année suivante un nouveau chauffage est installé dans un sous-sol totalement modifié et 1986 voit la construction d’une fosse qui fait de la salle Saint-Georges la première salle véritablement spécialisée du Val d’Oise. Les Adultes ont fait les démolitions nécessaires, les parents des féminines ont évacué les gravats. L’aspect extérieur laisse un temps à désirer : une subvention exceptionnelle et inattendue du député permettra d’en réaliser un ravalement qui en fait aujourd’hui un élément bien intégré dans l’architecture du nouveau quartier : aide-toi et le ciel t’aidera.

Les gymnastes féminines dominent toujours les compétitions d’Ile-de-France. Leurs adversaires ont changé : ce n’est plus avec Eaubonne mais avec Triel qu’elles se partagent les deux premières places. Leurs individuelles glanent encore dans la dernière décennie du siècle deux titres de championnes fédérales et une seconde place en finale des Coupes Fédérales. Une récente relance de la formation des cadres devrait permettre encore de beaux jours : 4 jeunes filles de la Saint-Georges ont obtenu récemment le plus haut niveau de qualification fédérale et des dirigeants dévoués assurent chaque année la formation de nouveaux juges parmi les (trop peu nombreux) parents volontaires.

Les masculins ont inauguré le second siècle de la Saint-Georges en fanfare : champions fédéraux promotion à Annonay en 1985. Depuis une participation constante à la finale des Coupes Fédérales, de nouveaux titres de champions fédéraux vétérans ont montré la continuité et la qualité de cette vitalité qui repose sur la persévérance d’anciens qui “ restent pour encadrer les jeunes ”, comme au bon vieux temps. Leur exemple et leur compétence se révèlent contagieux et quelques-uns de ceux-ci, étudiants en EPS, envisagent de ressusciter l’athlétisme ! Mais la gym n’en pâtit par pour autant : en 2002 la section masculine fut encore première d’Ile-de-France au Challenge d’Hiver.

Si la nouvelle salle Saint-Georges est pour beaucoup dans ces performances, son utilisation ne se limite pas aux seules activités compétitives. La gymnastique de loisirs pour dames y assure un cours hebdomadaire. Et l’Eveil Moteur des Enfants précède pour les tout-petits l’accès aux sections sportives. Cette organisation, remarquablement structurée tend à devenir une des spécificités de la Saint-Georges et un exemple pour toute la région, de nombreux parents s’investissant, au moins transitoirement dans son fonctionnement. La “ salle ” est véritablement à la fois l’âme et le “ lieu ” de l’association pour beaucoup de ses membres et seules deux sections ne peuvent en bénéficier.

D’abord le Tennis, créé jadis dans le cadre “ loisirs ”, qui souffre aujourd’hui de l’absence d’installations sportives propres. L’enthousiasme et la pugnacité de son encadrement lui permet de surmonter ce lourd handicap pour participer avec succès aux compétitions régionales. Puis la Natation qui a subi bien des épreuves : disparition prématurée du dirigeant qui en a été le principal moteur, difficultés de fonctionnement dues à la reconstruction de la piscine. Il a fallu expatrier un temps les entraînements hors d’Argenteuil. Mais la petite pousse était bien enracinée et la providence lui a envoyé un nouveau couple de dirigeants qui a saisi le témoin avec détermination et compétence : championne fédérale 2002, la section de natation de la Saint-Georges est aujourd’hui au sommet de l’élite fédérale.

En attendant le bicentenaire

Près de 500 licenciés sportifs, essentiellement gymnastique et natation, la Saint Georges est aujourd’hui le témoin vivant de 120 ans de vie sportive associative, de 120 ans de l'histoire d'Argenteuil, et son centre ville, de toute l'histoire de la Fédération Sportive et Culturelle de France qu'elle a vu naître et à laquelle elle est toujours demeurée fidèle, lui fournissant des internationales, des juges nationaux et internationaux, des cadres techniques et des cadres administratifs fédéraux. Elle entend bien fêter dignement en 2004 ses 120 ans d’existence.